Silhouette observant le paysage au clair de lune pour repérer un lieu refuge, dans une nature calme et ouverte.

Comment je repère un lieu qui a le potentiel d’un refuge

Introduction

Comment je repère — et je valide — un lieu qui a le potentiel d’un refuge ?
Pour moi, la réponse tient en trois couches, toujours dans le même ordre :
d’abord émotionnelle, puis mentale, puis physique.

Émotionnel : un lieu me parle si, dès les premières secondes, quelque chose en moi dit : « ah oui… ».
Mental : une fois cette sensation posée, je vérifie s’il correspond réellement à ce que je cherche.
Physique : je peux marcher, explorer, sentir la nature… et surtout sentir de l’énergie — cette impulsion qui donne envie de bouger, d’être actif, d’avancer.

Et je précise une chose importante :
➡️ On ne cherche pas un refuge à n’importe quelle phase de sa vie.
On le cherche lorsqu’une transition intérieure s’ouvre.
Quand quelque chose se termine doucement — ou brutalement — et qu’autre chose veut naître.

C’est exactement là où j’en suis aujourd’hui.


I. Pourquoi cette recherche maintenant (une nouvelle phase)

J’ai déjà raconté sur ce blog les étapes de cette transition :
le projet qui se clarifie,
les validations successives,
les premières mises en place concrètes.

Rien ne change vraiment en quelques mois…
et pourtant, on sent parfois qu’un cycle se ferme.
On sent qu’il faut se redéfinir, se réinventer,
retrouver un sens plus profond, plus vivant,
remplir quelque chose en soi qui s’est vidé avec le temps.

Comme je l’ai écrit ailleurs, parfois l’intérieur change avant le reste, et cette recherche prend alors une forme nouvelle.

Le refuge que je cherche aujourd’hui n’est pas une fuite — du moins je l’espère.
Je le vois plutôt comme un tremplin vers une prochaine étape.

Ce travail d’observation fait aussi partie de mon

➡️Défi 6 mois pour vivre librement,

où j’explore différents environnements pour mieux comprendre ce qui soutient vraiment un mode de vie plus libre.


II. Ce que j’appelle un “refuge”

Pour moi, un refuge n’a rien à voir avec l’image un peu romantique de “disparaître quelque part”.
(Et d’ailleurs, est-ce vraiment si romantique que ça, dans la réalité ?)

Un refuge, c’est un lieu porteur, un espace — physique ou autre — propice à la transformation.
Un endroit qui t’aide à te remettre dans le courant de ta propre vie.

Ça peut être :
une haute montagne,
un village,
une île, déserte ou habitée,
un coin de campagne entouré de rizières,
ou même, pour d’autres, le haut d’un immeuble en pleine ville.

Ce n’est pas la forme qui compte.
C’est ce que ça fait à l’intérieur.

Les critères invisibles

Un refuge, pour moi, c’est d’abord une atmosphère.
Une ambiance qui apaise sans endormir,
une impression d’harmonie,
une certaine simplicité,
la sensation de pouvoir bouger librement,
et la possibilité de créer un nouveau rythme de vie.

C’est aussi un lieu qui peut, si besoin, m’animer et me stimuler :
où je peux être au calme, mais pas figé.

Les critères concrets

Ensuite viennent les choses très simples, très terre-à-terre :
un accès pas trop compliqué,
la nature à portée de pas,
un coût de vie raisonnable,
la possibilité de marcher et d’explorer,
un cadre de vie assez simple pour ne pas s’y perdre,
et un environnement où je ne me sens pas complètement étranger.

J’ajoute un critère important pour moi :
un style de vie agréable et confortable, à ma manière.
De la nourriture simple mais bonne,
un endroit où je peux bien dormir,
et, si possible, une salle de sport où j’ai envie d’aller régulièrement.
Ce n’est pas du luxe au sens classique,
c’est juste un socle pour que le corps suive le mouvement.

Au fond, un refuge est un lieu où l’on peut redevenir soi-même…
et en même temps devenir quelqu’un de nouveau.


III. Comment je sens qu’un lieu peut devenir un refuge

Je pourrais prétendre que j’ai des critères très précis.
Oui et non.

Il y a des repères, bien sûr.
Mais en réalité, tout commence par un instant —
et bien souvent, ce que le lieu révèle n’est qu’un mouvement intérieur déjà en marche.

Les signaux immédiats

Il y a ce fameux moment où quelque chose en moi dit :
« Ah oui. »

Une brève évidence.
Une légèreté dans le corps.
Une ambiance subtile, difficile à décrire, mais qui est là, présente, qui s’installe doucement.

Ce que je regarde en premier

En apparence, je ne regarde rien de particulier.
Je me laisse surprendre.
Je laisse le lieu parler avant d’essayer absolument de le comprendre.

Arriver avec une grille d’analyse trop serrée, trop rationnelle,
c’est souvent le meilleur moyen de passer à côté de l’essentiel.

Ce qui dit “non”

À l’inverse, un lieu peut être très beau… et ne pas être pour moi.
Parfois, c’est une ambiance qui crispe légèrement,
une tension dans l’air,
un rythme qui tire vers le bas.

On le sent dans le corps avant de pouvoir mettre des mots dessus.
Quelque chose en nous se ferme un peu au lieu de s’ouvrir.
C’est souvent plus clair qu’un “oui”.


IV. Les lieux qui m’ont déjà donné ce sentiment

Tetebatu (Lombok-Indonesie) — le refuge naturel

Rizières de Tetebatu avec la montagne bleutée à l’horizon, un paysage calme et inspirant pour imaginer un refuge en altitude

Tetebatu coche presque toutes les cases :
le calme,
l’altitude douce,
les rizières en cascade,
les villages authentiques,
la lenteur juste,
la possibilité de marcher longtemps sans voir le temps passer.

Et surtout : le contact amical, sincère, parfois presque fraternel avec les habitants.
La nature y est exceptionnellement riche : plantes médicinales, nourriture simple, eau, végétation.

C’est un lieu qui te ramène à toi-même sans te demander d’effort.
Tetebatu a, pour moi, quelque chose d’un refuge naturel, presque évident.


Les collines et plages autour de Kuta Lombok

Large baie turquoise de Kuta Lombok, plage calme et collines vertes – un lieu idéal pour repérer un refuge naturel

Je ne parle pas uniquement de la ville — même si elle apporte des facilités utiles.
Je parle aussi de ce qui l’entoure.

Les collines, d’abord, où la force de la nature se voit dans les contrastes,
dans la manière dont la lumière se pose sur les reliefs.
Les plages ensuite : certaines presque vides, d’autres plus familiales,
avec une ambiance locale détendue, souriante,
et quelques criques plus touristiques mais encore respectueuses du style local.

Par endroits, les paysages donnent vraiment l’impression d’avoir été sculptés par des géants.
La nature, là-bas, est parfaitement capable de venir te toucher,
de te secouer un peu à l’intérieur.

Ce n’est pas un refuge complet.
Mais c’est un endroit où l’on peut se retrouver,
et où l’on sent qu’on pourrait revenir encore et encore.


Ubud — le refuge à apprivoiser

Ubud a une énergie particulière.
Ce n’est pas un refuge immédiat.

Il faut trouver la bonne zone, la bonne ruelle,
le bon équilibre entre sérénité et agitation,
créativité et nature.

Ubud demande un ajustement, un tri, un choix.
Mais on sent qu’il y a quelque chose à explorer,
une possibilité de refuge à condition de bien choisir sa base.


Les îles que je cherche encore

Je cherche une île où un endroit ou vivre simplement et dans une certaine autonomie:
pêcher du bord,
trouver quelques fruits,
marcher,
respirer.

Cette recherche fait écho à un autre texte que j’ai commencé à écrire :

➡️ “Vivre sur une île… ou presque”,

où j’explore déjà cette tension entre réalité et imaginaire.

Des noms reviennent : Togean, Karimunjawa, Ko Kut, Siquijor, Banda…
Mais le refuge, lui, ne se trouve pas sur une carte.
Il se découvrira sur place, dans le contact direct,
dans la manière dont le lieu répond — ou pas — à ce que je suis en train de devenir.


V. Ce que je cherche aujourd’hui

Pour ma prochaine phase, je ne cherche pas un décor.
Je cherche une rencontre.

Que ce soit au bord de la mer ou en montagne m’importe moins
que la justesse du lieu.
Ce que j’attends, c’est un endroit calme, proche de la nature,
avec une vraie vie locale, où je peux explorer à pied,
vivre à un coût raisonnable
et trouver un rythme qui me ressemble.

Et puis il y a ce qui ne se voit pas sur les photos :
la possibilité d’échanges simples avec les personnes déjà installées.
Ceux qui ont trouvé leur place.

J’aime leur demander :
« Pourquoi ici ?
Qu’est-ce que vous aimez ici ? »

Leurs réponses en disent souvent plus qu’un guide ou qu’un article de blog.

Pour le reste… ce sera l’expérience qui décidera.


Conclusion

Repérer un refuge n’a rien à voir avec la quête d’un endroit parfait.
C’est plutôt chercher un lieu qui permet une ouverture,
un lieu qui donne envie de se remettre en mouvement,
où, sans qu’on sache très bien pourquoi,
quelque chose en nous recommence à respirer autrement.

De mon côté, je suis en chemin.
Ce blog suivra le mouvement, au fur et à mesure :
les lieux qui m’attirent,
ceux qui ne me conviennent pas,
les rencontres, les essais, les demi-tours,
et peut-être un jour, ce moment où je me dirai simplement :
« Là, pour maintenant, c’est assez. Je peux rester un peu. »


Pour aller plus loin

➡️ Comprendre ma vision complète : Une autre façon de parler d’autonomie
➡️ Voir tous les articles : Vision & fondations