Je suis assis dans mon jardin en Dordogne, un café à la main. Autour de moi, les maisons que j’ai construites et sur lesquelles j’ai travaillé pour mes clients. Vingt-cinq ans de travail, de chantiers, de fierté aussi.
Tout va bien. Vraiment.
Et pourtant.
Ce n’est pas un coup de tête. Ce n’est pas une crise de milieu de vie. Ce n’est pas un ras-le-bol.
C’est plus discret que ça. Une sorte de vent intérieur. Pas une voix qui crie. Une voix qui chuchote, mais qui est ferme.
Elle ne dit pas « fuis ». Elle dit clairement : « bouge, c’est important ».
La question arrive sans urgence. Mais elle revient. Encore. Et encore.
Quand la question arrive sans urgence
Quand on se demande s’il faudrait partir, rien ne va mal en apparence. La vie fonctionne. Elle est stable. Structurée. Rassurante.
Et c’est précisément pour ça que la question dérange.
Parce qu’elle ne s’impose pas par la souffrance, mais par une intuition calme et insistante.
Il n’y a rien à fuir. Il n’y a rien à réparer. Il y a juste quelque chose qui pousse.
Pourquoi cette hésitation fait culpabiliser
Quand tout va bien, hésiter donne l’impression d’être ingrat. On se dit souvent : « Je devrais être satisfait. »
Et c’est vrai. Mais ce n’est pas suffisant.
Car ce que tu ressens n’est pas un caprice. Ce n’est pas un rejet de ta vie actuelle. C’est un signal.
L’hésitation est ce territoire où se rencontrent deux forces :
La raison, qui dit « objectivement, tout est en place ».
L’intuition, qui murmure « quelque chose a changé ».
Ce terrain peut devenir inconfortable. On se compare. Aux aventuriers qui ont tout quitté. Aux gens stables qui n’ont jamais bougé.
Et on se retrouve coincé entre deux modèles qui ne nous ressemblent pas.
Ni l’un ni l’autre. Juste nous, quelque part entre les deux, à chercher notre propre voie.
Partir ou rester : une mauvaise question
Le vrai piège est là.
La question « partir ou rester » nous force à penser en binaire : tout changer ou ne rien toucher.
Comme si partir signifiait forcément tout abandonner. Comme si rester impliquait de continuer exactement comme avant.
Mais la vie réelle ne fonctionne pas nécessairement ainsi.
Entre partir et rester, il existe une multitude de nuances. Des ajustements. Des explorations. Des formes intermédiaires.
Et pourtant, on continue à chercher une réponse tranchée, parce que le flou nous met mal à l’aise.
Alors qu’en réalité, ce n’est pas toujours la décision qui manque. C’est la bonne question.
Peut-être que la question n’est pas « partir ou rester ». Peut-être qu’elle est :
« Qu’est-ce que je veux essayer maintenant, sans me fermer de portes pour plus tard ? »
Ça change tout.
Et si l’hésitation n’était pas un problème
L’hésitation n’est pas un arrêt. C’est un moment de vigilance.
Elle ne demande pas de trancher dans la précipitation. Mais elle ne donne pas non plus le droit de rester immobile indéfiniment.
Quand quelque chose insiste sans urgence, la vraie question n’est pas « que décider », mais « quel premier geste honnête puis-je poser ».
L’hésitation est parfois une phase nécessaire de maturation. Un espace où la vie cherche à se réajuster.
La respecter ne signifie pas attendre passivement. Cela signifie avancer autrement. Plus lentement, peut-être. Plus prudemment. Mais avancer quand même.
Avancer sans se précipiter
Il n’y a pas toujours besoin d’une grande décision immédiate. Mais il y a souvent besoin d’un mouvement.
Observer plus attentivement. Explorer une piste. Tester un autre rythme. Regarder ce qui se passe quand on fait un pas, même modeste.
Ce n’est pas la certitude qui fait avancer. C’est l’honnêteté.
Ne rien faire n’est pas neutre. C’est aussi une décision — souvent celle de repousser.
Avancer, dans ces moments-là, ne consiste pas à savoir exactement où l’on va, mais à refuser de faire semblant que la question n’existe pas.
Laisser une place à ce qui pousse
Si cette question te traverse de façon répétée, peut-être qu’elle n’attend pas une réponse immédiate.
Mais elle attend quelque chose. Un espace. Une attention sincère. Un premier geste.
La vie ne demande pas toujours un choix radical. Parfois, elle demande simplement que tu avances, sans te mentir.
Le mouvement juste commence souvent petit. Mais il commence quand même.
Et maintenant ?
Si tu te reconnais dans cette hésitation, j’ai écrit d’autres réflexions qui pourraient t’aider à voir plus clair :
➡️ Comment savoir si l’hésitation devient un vrai appel — Trois repères pour savoir quand c’est le moment
➡️ Une autre façon de parler d’autonomie — Pourquoi cette question émerge maintenant
➡️ Quand l’intérieur change avant le reste — Le processus de transition floue
Et si tu veux suivre mon propre parcours en temps réel — ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, les ajustements
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Le mouvement se précise en marchant.

