Réinventez – vous. Créez la vie qui vous ressemble

Chemin forestier à Tetebatu, entre bambous et végétation dense, symbole des différentes phases d’une vie en mouvement.

La vie avance par phases

La vie avance par phases.
Des longues et des courtes.
Parfois douces, parfois rudes.
Parfois évidentes, parfois incompréhensibles.
Rien d’original à ça : tout le monde connaît des hauts, des périodes stables, des creux.

Chez moi, ce mouvement a souvent pris la forme du voyage.
Un besoin net de créer un espace différent, adapté au moment.
Pas pour fuir, pas par rejet.
Plutôt pour souffler, me renouveler, me réparer un peu.

Souvent, j’ai suivi un fil invisible qui, après coup, révélait tout son sens.
Et parfois, oui, j’ai tout quitté d’un coup — mais jamais sans raison intérieure.


Quand j’essayais de vivre “normalement”

On nous pousse tous vers le même scénario :
école → études → CDI → maison → retraite.

J’ai essayé d’y entrer, à un moment.
Cocher les cases, faire “comme il faut”.
Mais quelque chose sonnait faux.
J’avais l’impression de jouer un rôle qui n’était pas le mien.

J’ai eu la “chance” de rater une partie de mes études.
Chance, parce que ça m’a forcé à emprunter un chemin plus naturel, moins façonné de l’extérieur — moins formaté par l’école et la société.

Le déclic est venu tôt dans ma vie d’adulte.
Plutôt sous forme de tempête intérieure : un décalage impossible à ignorer.
L’extérieur n’était pas hors norme.
Mais l’intérieur, lui, était agité.

Ce n’est pas que je rejetais ce modèle — j’ai juste compris qu’il ne me convenait pas.
Et cette prise de conscience ne s’est pas faite par réflexion : elle s’est imposée d’elle-même.


Les grandes phases de ma vie

En regardant en arrière, je vois trois familles d’élans :

1) Explorer, partir, ouvrir l’espace.
Nature, horizon, respiration.
Bouger quand le cadre devient trop serré ou brimant.

2) Construire, bricoler, devenir autonome.
Toucher, apprendre, faire.
Mettre les mains dans la matière.
Me sentir ancré.

3) Travailler, entreprendre, développer.
Créer, porter un projet, avancer, structurer.

Chaque phase répondait à un besoin intérieur.
Elles se sont superposées, parfois mélangées.
Aujourd’hui, je vois surtout la cohérence :
elles n’étaient pas des contradictions — elles m’ont construit par couches successives.


Une autre façon de changer

Avec le recul, je vois que je n’ai jamais vraiment “rompu” avec une vie pour en prendre une autre.
Chaque transition a été une manière d’ajuster, de retrouver une justesse, un rythme qui me correspondait mieux.

Parfois, ça a pris du temps.
Parfois, c’était laborieux.
Mais c’était toujours vivant, organique.
Comme une maturation discrète.


Ce que ces phases m’ont appris

S’écouter.
Ne pas mettre un couvercle sur ce qui demande à sortir.

Faire confiance au mouvement.
Rien n’est fixe, et ce n’est pas grave.

Respecter son rythme.
Avancer quand c’est juste.
Ne pas forcer quand ça ne l’est pas.

Recommencer sans repartir de zéro.
Chaque nouvelle phase n’est pas un effacement :
c’est un ajout, un recentrage, une décantation.


Ce que j’aimerais te transmettre

On raconte souvent que pour changer, il faut “tout quitter”.
Pour certains, c’est vrai.
Pour d’autres, c’est trop violent.
La plupart du temps, ce n’est même pas nécessaire.

Tu n’as pas besoin d’un grand renversement, d’un geste spectaculaire, ni de prouver quoi que ce soit.

Ton propre mouvement peut être minuscule, invisible, progressif.
Un ajustement.
Une prise de conscience.
Une décision simple.
Un espace que tu t’accordes.
Une pause.

Ce qui compte, ce n’est pas la forme du changement.
C’est ce qu’il réveille en toi.
C’est comment il t’aligne.
C’est la place qu’il crée à l’intérieur.

Tu n’as pas à ressembler à qui que ce soit.
Tu n’as pas à suivre un rythme qui n’est pas le tien.
Tu n’as pas à vivre selon des silhouettes imaginaires.

Ta vie peut avancer par phases — petites ou grandes — et chacune peut avoir du sens.

Si ces questions te parlent, tu peux aussi lire :

“Vivre sur une île… ou presque”

C’est quoi le vrai luxe ?

Si je devais résumer en une idée simple :
le bon chemin est celui qui te rend plus vivant, pas celui qui impressionne.